mercredi 25 février 2026

SON DERNIER MOT

 RÉSUMÉ


·       Sens du « dernier mot »
Le texte explore la portée spirituelle des dernières paroles d’un être humain, et plus particulièrement celles de Jésus sur la croix, comme révélation ultime de la foi, de la souffrance et de l’espérance.
 

·       Le cri de Jésus sur la croix (Matthieu 27:46)
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est présenté non comme un désespoir final, mais comme une parole chargée de sens biblique et prophétique. 

·       Lecture du Psaume 22
Le psaume est analysé dans sa totalité : il commence par une plainte intense et se termine par une proclamation de confiance, de louange et de victoire, montrant que la souffrance n’a pas le dernier mot.
 

·       Dimension prophétique du Psaume 22
Les souffrances décrites (moqueries, persécution, mains et pieds percés) sont mises en parallèle avec la crucifixion de Jésus, révélant une lecture christologique du texte.
 

·       Espérance au cœur de l’épreuve
Le message central affirme que Dieu n’abandonne pas l’affligé et qu’il répond au cri de celui qui souffre, même lorsque tout semble perdu.
 

·       Nature humaine et absence de repères spirituels
Une réflexion est menée sur la vulnérabilité de l’être humain lorsqu’il est privé de repères spirituels, et sur les dérives possibles dans un monde marqué par la violence et l’influence du mal.
 

·       Persécution et fidélité chrétienne
Le texte souligne que la foi chrétienne s’accompagne souvent de persécutions, mais qu’elle demeure une source de force, de persévérance et de témoignage.
 

·       Le dernier mot comme victoire du Christ
La mort et la souffrance ne sont pas l’ultime réalité : le dernier mot appartient à l’amour de Dieu, à la rédemption et à la victoire du Christ sur la mort.
 

·       Les deux malfaiteurs sur la croix (Luc 23)
Le contraste entre rejet et repentance montre que, jusqu’au dernier instant de la vie, la grâce et le salut restent accessibles.
 

·       Témoignage personnel
Une expérience vécue au chevet d’une personne mourante illustre concrètement la question du « dernier mot » et renforce la conviction que la mort n’a pas le pouvoir final.
 

·       Parabole du riche et de Lazare (Luc 16)
Le texte insiste sur l’irréversibilité de la destinée après la mort et sur l’urgence d’accueillir le « dernier mot » de Dieu durant la vie terrestre.
 

·       Résurrection de Lazare (Jean 11)
Jésus démontre que Dieu a le dernier mot même face à la mort, appelant le croyant à une foi confiante au cœur des situations les plus désespérées.
 

·       Appel final au croyant
Le document invite à une foi vivante, nourrie par la prière, la méditation des paroles de Jésus et une confiance quotidienne dans l’action de Dieu.
 

·       Prière de conclusion
Une prière de foi affirme que ni les circonstances ni la mort n’ont le dernier mot, mais que celui-ci appartient à Jésus-Christ et à son Royaume.
 



INTRODUCTION 


Il est des paroles qui traversent le temps et continuent de résonner avec une force intacte au cœur de l’humanité. 

Certaines sont prononcées dans la joie, d’autres dans la douleur, mais les plus marquantes sont souvent celles qui surgissent aux heures décisives de l’existence. 

Le « dernier mot » d’un être humain concentre tout à la fois son vécu, sa foi, ses craintes et son espérance. Il révèle ce qui demeure lorsque tout le reste s’efface.

Dans l’Évangile, le cri de Jésus sur la croix  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » — s’inscrit parmi ces paroles ultimes qui interrogent, bouleversent et appellent à la réflexion. 

Est-il l’expression d’un désespoir absolu, ou porte‑t‑il en lui un sens plus profond, caché dans les Écritures?

En nous arrêtant sur ce « dernier mot », nous sommes invités à dépasser une lecture superficielle pour entrer dans une méditation qui relie la souffrance humaine, la foi éprouvée et l’espérance d’une victoire qui ne se laisse pas immédiatement voir.

Cette réflexion propose ainsi un chemin : celui d’une relecture spirituelle des dernières paroles de Jésus, éclairées par les Psaumes, les Évangiles et l’expérience vécue. 

Elle invite chaque lecteur à se poser une question essentielle, intime et universelle à la fois : qui a réellement le dernier mot sur notre vie, sur notre souffrance et sur notre mort ?

 



SON DERNIER MOT

 

 

« Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant, Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire, Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Matthieu 27 :46)

 

Le sens profond du dernier mot de Jésus

Une plainte poignante et universelle

Pour comprendre pleinement la portée du « dernier mot » de Jésus, il faut se pencher sur le Psaume 22. Ce psaume débute par une plainte intense : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». À travers ce cri, le texte décrit en détail les souffrances du juste, son sentiment d’abandon et les moqueries qu’il subit de la part de ceux qui l’entourent.

De la détresse à la confiance renouvelée

Toutefois, au fil du Psaume, une évolution se dessine. Après avoir exposé sa détresse, le psalmiste exprime une confiance retrouvée en Dieu. Il annonce une restauration qui ne concerne pas uniquement sa personne : elle s’étend à tout le peuple. Cette transformation, du désespoir vers l’espérance, marque la structure du texte, illustrant que la souffrance n’est pas la fin de l’histoire.

L’espérance au cœur de la souffrance

Ainsi, le psaume s’achève sur une note d’espérance et de victoire. Il montre que la douleur et l’épreuve ne sont pas le dernier mot : elles débouchent sur une promesse de salut et de réconfort pour celui qui garde foi en Dieu.

La signification du choix de Jésus

Lorsque Jésus cite le début du Psaume 22 sur la croix, ce n’est pas un détail anodin. Son recours à ce texte invite les témoins à relire l’ensemble du psaume et à en saisir toute la profondeur. Ce procédé enrichit la signification de ses paroles : au-delà de l’expression de la douleur, Jésus dirige le regard vers une confiance ultime en Dieu, vers l’annonce d’une restauration. Sa citation est porteuse d’espérance et affirme la certitude de la victoire divine.

 

Psaume 22 (DRB): les versets…

1 Mon Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné, te tenant loin de mon salut, - des paroles de mon rugissement ?

2 Mon Dieu ! je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, et il n’y a point de repos pour moi.

3 Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d’Israël.

4 Nos pères se sont confiés en toi ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés.

5 Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont point été confus.

6 Mais moi, je suis un ver, et non point un homme ; l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple.

7 Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête,

8 Il se confie à l’Éternel, qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre, car il prend son plaisir en lui !

9 Mais c’est toi qui m’as tiré du sein qui m’a porté ; tu m’as donné confiance sur les mamelles de ma mère.

10 C’est à toi que je fus remis dès la matrice ; tu es mon Dieu dès le ventre de ma mère.

11 Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure.

12 Beaucoup de taureaux m’ont environné, des puissants de Basan m’ont entouré ;

13 Ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant.

14 Je suis répandu comme de l’eau, et tous mes os se déjoignent ; mon cœur est comme de la cire, il est fondu au dedans de mes entrailles.

15 Ma vigueur est desséchée comme un têt, et ma langue est attachée à mon palais ; et tu m’as mis dans la poussière de la mort.

16 Car des chiens m’ont environné, une assemblée de méchants m’a entouré ; ils ont percé mes mains et mes pieds ;

17 Je compterais tous mes os. Ils me contemplent, ils me regardent ;

18 Ils partagent entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils jettent le sort.

19 Et toi, Éternel ! ne te tiens pas loin ; ma Force ! hâte-toi de me secourir.

20 Délivre mon âme de l’épée, mon unique de la patte du chien.

21 Sauve-moi de la gueule du lion. Tu m’as répondu d’entre les cornes buffles.

22 J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation.

23 Vous qui craignez l’Éternel, louez-le ; toute la semence de Jacob, glorifiez-le ; et révérez-le, vous, toute la semence d’Israël ;

24 Car il n’a pas méprisé ni rejeté l’affliction de l’affligé, et n’a point caché sa face de lui ; mais, quand il a crié vers lui, il l’a écouté.

25 De toi vient ma louange dans la grande congrégation. Je payerai mes vœux devant ceux qui le craignent.

26 Les débonnaires mangeront et seront rassasiés ; ceux qui cherchent l’Éternel le loueront ; votre cœur vivra à toujours.

27 Tous les bouts de la terre se souviendront, et ils se tourneront vers l’Éternel, et toutes les familles des nations se prosterneront devant toi.

28 Car le royaume est à l’Éternel, et il domine au milieu des nations.

29 Tous les gras de la terre mangeront et se prosterneront, devant lui se courberont tous ceux qui descendent dans la poussière, et celui qui ne peut faire vivre son âme.

30 Une semence le servira ; elle sera comptée au Seigneur comme une génération.

31 Ils viendront et raconteront sa justice à un peuple qui naîtra, … qu’il a fait ces choses.

 

L’expérience prophétique de Jésus dans le Psaume 22

Le Psaume 22 révèle, de manière prophétique, l’expérience ultime de Jésus durant ses derniers instants, illustrant la profonde solitude et l’oppression qu’il a endurées. Dès le premier verset, la détresse s’exprime avec force«Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (v.1), des mots bouleversants qui résonnent avec l’agonie du Christ sur la croix.

Cette souffrance est dépeinte avec une grande intensité, notamment au verset16«Ils ont percé mes mains et mes pieds», mais aussi à travers tout le passage où l’hostilité et le rejet dominent.

Pourtant, au cœur de cette détresse, une lumière d’espérance apparaît grâce à la foi inébranlable du Christ. Le verset24 souligne ce retournement«Car il n’a pas méprisé ni rejeté l’affliction de l’affligé, et n’a point caché sa face de lui; mais, quand il a crié vers lui, il l’a écouté.»

Ainsi, ce texte ne se limite pas à un récit passé ou à un simple discours: il trouve une résonance vivante dans le témoignage du Christ, offrant un message d’espérance et de foi au cœur de l’épreuve.

 

La nature humaine sans repères spirituels : entre instinct et influences

La question de ce qui anime la nature humaine en l’absence de repères spirituels, même lorsque celle-ci revêt une apparence religieuse, demeure toujours d’actualité et suscite de nombreux débats. Ce phénomène s’observe encore aujourd’hui, révélant des dynamiques profondes au sein de la société.

Contrairement aux animaux sauvages, dont le comportement est essentiellement guidé par leur instinct et qui tuent principalement pour se nourrir, l’être humain, lorsqu’il est privé de spiritualité, se trouve selon certains points de vue davantage exposé aux influences négatives du monde. Il est parfois avancé que le cœur humain sans Dieu devient vulnérable à des influences extérieures, qualifiées par certains de démoniaques et agissant au sein d’un monde de ténèbres.

Dans ce contexte, il est souligné que la violence, tant dans les paroles que dans les actes, semble croître à tous les âges. Toutefois, il importe de reconnaître la diversité des perspectives sur ce sujet et d’éviter toute généralisation excessive, chaque point de vue apportant une nuance à cette réflexion sur la nature humaine.

 

Persécution et fidélité : le prix de la foi chrétienne

De nombreux témoignages sérieux attestent que l’œuvre de Jésus, telle qu’elle se manifeste au sein de la chrétienté, est fréquemment confrontée à des persécutions et à des actes de violence. 

Cette hostilité peut aller jusqu’à des tortures et, dans certains cas, à la mort en raison de la fidélité à la foi chrétienne. Cette réalité, observable dans diverses nations, met en évidence le coût élevé qu’implique l’engagement spirituel.

Face à l’adversité, la foi chrétienne se révèle être une source profonde de force intérieure pour les croyants. La capacité des individus à demeurer attachés à leurs convictions spirituelles, même devant l’épreuve ultime, interroge sur la nature du courage et de la persévérance qu’inspire la foi. 

Cette fidélité, éprouvée par la souffrance et l’oppression, éclaire la puissance du témoignage chrétien dans le monde contemporain.

Les conséquences concrètes de la fidélité au Christ

La persécution : une réalité quotidienne

L’affirmation de Jésus, « Vous serez persécuté à cause de mon Nom », met en lumière l’opposition inévitable que rencontrent ceux qui décident de suivre le Christ avec fidélité. Ce rejet n’est pas seulement théorique mais se manifeste dans la vie courante des croyants. Certains sont la cible de moqueries ou de sarcasmes au sein de leur famille ou de leur cercle d’amis. D’autres font face à des obstacles professionnels, tels que des refus d’avancement ou une mise à l’écart, en raison de leur engagement spirituel. Parfois, les jeunes sont stigmatisés à l’école ou sur les réseaux sociaux à cause de leur foi.

Solidarité et soutien dans l’épreuve

Cette situation, loin de n’être qu’une abstraction, témoigne de la solidarité profonde qui existe entre le croyant et son Seigneur. Ce lien se matérialise dans la vie par le soutien ressenti lors des moments difficiles : la prière devient pour beaucoup une source de réconfort et de force intérieure, la communauté chrétienne offre une écoute attentive et une entraide précieuse, et la méditation sur les textes bibliques permet de préserver l’espoir et de persévérer malgré les épreuves. Ainsi, bien que l’engagement spirituel soit exigeant, il s’accompagne d’un soutien divin et humain qui permet au croyant de continuer à avancer avec courage.

Le dernier mot : victoire et espérance au cœur de la foi chrétienne

Dans la perspective chrétienne, le concept du « dernier mot » ne relève pas de la sphère terrestre, mais symbolise l’ultime vérité et la victoire absolue de l’amour divin sur la mort et le péché. Cette ultime parole provient de Jésus, qui a accompli le dessein de Dieu en répondant pleinement à Sa justice. Par cet acte, il rachète l’humanité de son cœur corrompu, séparé de la gloire du Père, Créateur de tous.

Le « dernier mot » de Jésus sur la croix, « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », exprime l’intensité de la souffrance qu’il a endurée pour sauver l’humanité. Ce cri, évoquant une profonde détresse, marque le sommet du sacrifice du Christ. Pourtant, c’est à partir de cette douleur extrême que prend naissance la réconciliation entre Dieu et l’homme, ainsi que l’espérance pour tous les croyants.

En effet, cette ultime épreuve est le signe de l’acte d’amour le plus total, qui ouvre la porte à une relation renouvelée avec Dieu. Ainsi, au cœur de la persécution et de la douleur, la certitude de la victoire du Christ sur la mort demeure le fondement inébranlable de la foi chrétienne. Ceux qui restent fidèles à Jésus puisent dans cette victoire un espoir qui ne faillit jamais.

 

Mais il est une scène qui ne doit pas être banalisée. Celle des trois croix. Lisons dans l’Évangile de Luc 23 DRB.

39 Et l’un des malfaiteurs qui étaient pendus l’injuriait, disant, N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi.

40 Mais l’autre, répondant, le reprit, disant, Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ?

41 Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises, mais celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire.

42 Et il disait à Jésus, Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume.

43 Et Jésus lui dit, En vérité, je te dis, Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

 

Le dernier mot : témoignage, expérience et espérance

Le contraste entre les deux malfaiteurs crucifiés aux côtés de Jésus met en lumière le sens profond du « dernier mot ». L’un d’eux, dans un ultime élan d’humilité et de foi, s’adresse à Jésus en lui demandant« Souviens-toi de moi, Seigneur, ... »

Cette parole, empreinte de confiance et de repentir, reçoit immédiatement une réponse de la part du Christ« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. »

Ce dialogue révèle que, même dans les derniers instants, l’espérance et la rédemption restent accessibles à celui qui se tourne sincèrement vers Jésus.

Cette réflexion sur le « dernier mot » s’enracine aussi dans une expérience personnelle. 

Je partage ici un souvenir marquant: alors que la famille et moi-même étaient au chevet de la mère de mon épouse à l’hôpital, celle-ci me confia avant que je sois le dernier à la quitter« Yves, continuez de prier pour moi, s’il vous plaît. »

Ces mots, prononcés dans l’intimité de l’ultime rencontre, sont restés gravés dans ma mémoire, d’autant plus que les circonstances ont fait que j’ai été le premier à apprendre le décès de la défunte dès le lendemain matin, alors que j’étais seul à la maison familiale.

Plus tard, ce souvenir résonne avec force, faisant écho au témoignage du malfaiteur sur la croix et suscitant une interrogation essentielle« Qui a le dernier mot ? » j’en tire la conviction profonde que ce n’est pas la mort qui triomphe: elle a été vaincue par le Christ.

À travers cette expérience intime, j’ai saisi l’enseignement de Jésus qui va bien au-delà du légalisme religieux. En effet, je constate que trop de croyants restent prisonniers des règles, alors que le message du Christ invite à une espérance qui transcende la mort. Ce vécu devient alors l’occasion de méditer sur la véritable portée du « dernier mot »celui de la vie, de la miséricorde et de la victoire sur la mort.

 

Allons plus loin dans notre réflexion, lisons maintenant ce qui se présente de l’autre côté de notre espace terrestre. Évangile de Luc 16 (DRB)

19 Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement.

20 Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères,

21 qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères.

22 Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli.

23 Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.

24 Et s’écriant, il dit, Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme.

25 Mais Abraham dit, Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux ; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté.

26 Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui veulent passer de là ne traversent pas non plus vers nous.

27 Et il dit, Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père,

28 car j’ai cinq frères, en sorte qu’il les adjure ; de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment.

29 Mais Abraham lui dit, Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.

30 Mais il dit, Non, père Abraham ; mais si quelqu’un va des morts vers eux, ils se repentiront.

31 Et il lui dit, S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts. 

 

La frontière entre la vie et l’au-delà dans la parabole du riche et de Lazare

Ce passage met en lumière la séparation définitive qui existe entre la vie terrestre et l’au-delà, telle qu’illustrée dans la parabole du riche et de Lazare. 

Chaque élément de ce récit insiste sur le message central : d’un côté, Lazare, qui a connu la souffrance et la pauvreté durant sa vie, est accueilli dans le sein d’Abraham après sa mort; de l’autre, le riche, qui a profité des biens matériels sur terre, se retrouve plongé dans les tourments.

Le dialogue entre le riche et Abraham vient accentuer l’irréversibilité du sort scellé après la mort. 

Cette idée est clairement exprimée par Abraham lorsqu’il déclare : 

«Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui veulent passer de là ne traversent pas non plus vers nous» (v. 26). 

Ainsi, il n’existe aucune possibilité de franchir cette séparation une fois la mort survenue.

Cette affirmation souligne avec force qu’après la mort, ni les intercessions ni les regrets ne peuvent modifier le sort de chacun. La parabole enseigne l’importance de saisir le «dernier mot» de Dieu durant l’existence terrestre, car, comme le montre l’exemple du riche et de Lazare, une fois la vie terminée, le destin devient irréversible et les prières ne peuvent plus rien changer.

À titre d’illustration, la conversion du brigand sur la croix — «Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume» (Luc 23:42) — démontre qu’un ultime geste d’espérance peut encore transformer une destinée spirituelle, tant que la vie n’a pas pris fin.

 

Il y a également « le dernier mot » que Jésus a exprimé avec force en se rendant au tombeau de son ami Lazare. Évangile de Jean (DRB) 11 :

38 Jésus donc, frémissant encore en lui-même, vient au sépulcre (or c’était une grotte, et il y avait une pierre dessus).

39 Jésus dit, Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit, Seigneur, il sent déjà, car il est là depuis quatre jours.

40 Jésus lui dit, Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?

41 Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut et dit, Père, je te rends grâces de ce que tu m’as entendu.

42 Or moi je savais que tu m’entends toujours ; mais je l’ai dit à cause de la foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que toi, tu m’as envoyé.

43 ayant dit ces choses, il cria à haute voix, Lazare, sors dehors !

44 Et le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit, Déliez-le, et laissez-le aller. 

 

Contexte du miracle de Lazare

Dans l’Évangile de Jean, l’histoire du miracle de Lazare se déroule dans un contexte de détresse profonde où toute espérance semble définitivement perdue. Lazare est enfermé dans son tombeau depuis quatre jours, son corps déjà en décomposition, et pour ses proches il n’y a plus aucun espoir. Cette situation extrême souligne la portée du miracle, en mettant en évidence l’action de Jésus qui surpasse les limites humaines.

Jésus montre ainsi que, même lorsque tout paraît irrémédiablement perdu, l’intervention divine peut ouvrir une perspective nouvelle et inattendue. Ce message invite chacun à ne pas se décourager devant les difficultés, mais à attendre avec confiance le « dernier mot » de Dieu dans les épreuves.

Analyse des paroles de Jésus

Face à Marthe et Marie, Jésus exhorte à la foi et rappelle une affirmation centrale :

« Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? »

Cette parole nous invite à comprendre que la foi ne se limite pas à une adhésion intellectuelle, mais implique une confiance active en la capacité de Dieu d’agir au-delà de nos limites. Pour le lecteur, il s’agit d’un appel à croire que la gloire de Dieu se révèle précisément dans nos moments de faiblesse et d’incertitude.

Jésus poursuit ensuite son dialogue avec le Père, exprimant sa reconnaissance :

« je te rends grâce de ce tu m’as entendu. » Puis il ajoute : « Or moi je savais que tu m’entends toujours ; mais je l’ai dit à cause de la foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que toi, tu m’as envoyé. »

Jésus manifeste ainsi une relation avec le Père fondée sur une confiance absolue et une communion constante. Cette attitude nous encourage à l’imiter : rendre grâce à Dieu avant même de voir l’exaucement, et témoigner de notre foi pour inspirer ceux qui nous entourent.

Enfin, Jésus pose un geste décisif qui change le destin de Lazare : Et « il cria à haute voix, Lazare, sors dehors ! »

Cette parole révèle le pouvoir de Jésus de transformer les situations les plus désespérées. Pour le croyant, ce miracle est un rappel que rien n’est trop difficile pour Dieu et que sa parole peut toujours ouvrir une porte vers la vie et l’espérance.

« Et le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes. »

Jésus montre ainsi que la foi ouvre la voie à une réalité nouvelle : la vie là où il n’y avait que mort. Ce message nous invite à croire que Dieu peut nous délivrer de nos « tombeaux » intérieurs et nous rendre libres pour vivre une existence renouvelée.

Réflexion finale : implication pour le croyant aujourd’hui

Jésus ne nous dit-il pas également dans l’Évangile de Jean (DRB) 14 :

10 Ne crois-tu pas que moi je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même ; mais le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres.

Cela nous invite à comprendre que la foi chrétienne repose sur une union profonde avec Dieu, source de toute action et de tout miracle. Pour le lecteur, il s’agit de saisir que c’est en demeurant uni à Dieu que nous pouvons voir sa puissance agir dans notre vie.

11 Croyez-moi, que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ; sinon, croyez-moi à cause des œuvres elles-mêmes.

Ainsi, Jésus montre que la foi peut s’appuyer sur l’expérience concrète des œuvres de Dieu et nous invite à observer les signes de sa présence dans notre quotidien.

12 En vérité, en vérité, je vous dis, Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes que celles-ci ; parce que moi, je m’en vais au Père.

La foi ouvre ainsi de nouveaux horizons : chaque croyant est appelé à devenir acteur des œuvres de Dieu, à manifester la vie et l’espérance autour de lui.

13 Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.

Jésus montre enfin que la prière confiante, faite en son nom, porte en elle une force de transformation et glorifie Dieu. Le croyant est invité à prier avec foi, en sachant que Dieu veut répondre et manifester sa gloire dans sa vie.

 

Approfondir l’expérience des paroles de Jésus

En conclusion sur ce sujet « Son Dernier Mot », il est important de prendre régulièrement le temps de méditer personnellement sur les paroles de Jésus, afin de leur permettre de résonner véritablement dans la vie quotidienne. Cette démarche invite à un retour fréquent aux enseignements du Christ, pour en saisir la portée dans chaque moment de l’existence.

Pour concrétiser cette approche, il est proposé de consacrer quelques minutes chaque matin à relire une parole de Jésus. Cette relecture permet de réfléchir à sa signification pour la journée à venir, et d’approfondir son impact en partageant ses réflexions avec un proche ou en les consignant dans un journal spirituel. Ainsi, la parole devient un guide et une source d’inspiration au quotidien.

L’essentiel réside dans le fait de ne pas s’arrêter à une compréhension intellectuelle des textes. Il est nécessaire d’ouvrir son cœur à une expérience réelle de la présence et de l’action divine, en cherchant à percevoir et accueillir concrètement les signes de Dieu dans la vie de tous les jours. Cette attitude favorise la rencontre et le dialogue avec Dieu dans la simplicité du quotidien.

Avancer chaque jour dans la confiance, la prière et l’espérance permet de devenir un témoin vivant de l’amour et de la puissance de Dieu. C’est en adoptant cette posture que le croyant manifeste la vie et l’espérance autour de lui, rendant visible la présence divine à travers ses actes et son engagement.

LA PRIÈRE DE LA FOI

Je vous invite à vous unir à ma prière de foi au Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, afin que nous soyons ensemble des ambassadeurs de son Royaume.

Dieu d’amour, ce ne sont ni les circonstances ni les épreuves qui ont le dernier mot sur notre existence.

Merci, à la lecture de cette réflexion, d’avoir mis en lumière l’importance des dernières paroles de ce malfaiteur à qui tu as assuré sa place avec toi dans le paradis.

Tu nous as choisis et établis pour être des ambassadeurs de ton Royaume, des lettres vivantes de ta Parole, afin que chaque âme puisse, dans ses derniers jours, trouver l’étincelle nécessaire pour exprimer sa foi en Toi, Seigneur Jésus, et que leur âme échappe au filet de l’oiseleur, mais soit transportée auprès de Toi, Seigneur Jésus, dans ta Grande Assemblée. Amen.

 

Yves GRAVET

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